Chronologie de la mobilisation et l’agitation poitevine du mouvement sur les retraites

Posted: février 14th, 2011 | Author: | Filed under: Poitiers, Retraites | No Comments »

7 Septembre :
– Manifestation à l’appel de l’intersyndicale (point de départ de la mobilisation sur les retraites après les vacances scolaires).

23 septembre :
– Manifestation à l’appel de l’intersyndicale, beaucoup plus de monde par rapport à la première manif.
– Deux lycées bloqués.
– « Assemblée populaire autonome » en fin de manifestation réunissant une cinquantaine de personne.

5 octobre :
– Première opération escargot, à l’appel de Solidaires 86, intitulée « Roulons d’un pas de sénateur ». Le but est de bloquer l’économie en ralentissant les salariés allant travailler. Le cortège d’une trentaine de voitures emprunte quelques grands axes de Poitiers, l’action est plutôt bien accueillie par les automobilistes et bien relayée par les médias. L’intersyndicale ne cautionne pas cette action.

7 Octobre :
– Deuxième opération escargot (toujours à l’appel de Solidaires)
– Première AG étudiante réunissant environ 400 personnes.

12 octobre :
– Blocage du dépôt de bus de la régie des transports poitevins tôt le matin par quelques salariéEs grévistes (50% de chauffeurs grévistes, 80% dans les ateliers). Seuls 5 bus sur 120 circulent pendant la matinée.
– Blocage de l’Hôtel Fumé (où se déroulent la majorité des cours de l’UFR de Sciences Humaines et Arts) durant la matinée.
– À 11h, AG des étudiants et des personnels de l’université dans les locaux de la fac de droit réunissant environ 800 personnes.
– À 14h30, manifestation massive à l’appel de l’intersyndicale (environ 40 000 personnes selon les syndicats). Leur presse évoque les plus gros cortèges depuis 15 ans. À l’arrivée se tient une assemblée populaire porte de Paris, important carrefour de la circulation routière, réunissant une centaine de personnes et bloquant ainsi ledit carrefour pendant une heure.

13 octobre :
– Le matin des cheminots, postiers, enseignants, étudiants, lycéens affiliéEs ou non organisent un rassemblement porte de Paris pour distribuer des tracts et tenter de bloquer la circulation (n’étant pas assez nombreux, ils ne perturbent que partiellement la circulation).
– L’après-midi, blocage de la zone économique Auchan-Sud à l’appel de Solidaires 86. L’accès au parking des magasins est empêché grâce aux voitures des manifestantEs ce qui occasionne dans le même temps un ralentissement considérable de la circulation.
– Fin d’après midi : troisième assemblée populaire qui débouche sur la création du « collectif de solidarité pour la gréve générale »
Site provisoire :
http://solidarite86.wordpress.com/
– Dans le même temps assemblée organisé par l’intersyndicale décidant d’un blocage Pointe-à-Miteau (Zone économique d’Auchan-Sud) pour le lendemain.

14 octobre :
– Le matin, blocage porte de Paris par des postiers et un grand nombre de lycéens ayant bloqué leur lycées.
– Dans le même temps l’intersyndicale bloque la Pointe-à-Miteau.
– Au cours de la matinée les lycéens et les postiers gagnent le campus universitaire (sous forte escorte policière) ou est organisée une AG étudiante. Avec l’aide des lycéens et des postiers un amphi de la fac de droit est pris. Les flics se postent devant la fac de droit et un keuf, caméra au poing, s’introduit dans l’amphi pour filmer le début de l’AG. Après s’être fait copieusement insulter par les lycéens et étudiants, le porc dégage. L’AG ne dure que peu de temps, après quelques prises de paroles de postiers, personnels de l’université et lycéens, il est décidé de débrayer le campus (ce qui ne fonctionne pas vraiment) et de partir en manif sauvage pour bloquer la gare. Les bleus y sont en nombre (OPJ, BACeux, civils et keufs en uniformes mais pas de CRS). Une délégation des cheminots rejoint la manif qui se finit porte de Paris où le blocage de la circulation dure une heure.

15 octobre :
– Le matin, rendez-vous au Futuroscope. L’objectif est d’empêcher les salariéEs de la zone du Futuroscope de commencer le travail, faute d’être suffisamment nombreux c’est finalement un barrage filtrant avec diffusion de tract qui a lieu.

16 octobre :
– Manifestation a l’appel de l’intersyndicale. La mobilisation ne faiblit pas et un pique-nique-assemblée est organisé par le « collectif de solidarité pour la grève générale ».

18 octobre :
– À 8h porte de Paris, diffusion de tracts par l’intersyndicale. Des non-syndiquéEs dont des étudiants et des lycéens tentent de bloquer la circulation, ils en sont empêches par les flics et ne sont pas soutenuEs par les syndicats. Une petite ballade est ensuite organisée jusqu’à la gare. Les personnes présentes n’arrivent pas a se mettre d’accord sur une action commune les gens se dispersent.
– À 14h des étudiants de l’IRTS bloquent la circulation Boulevard Pont-Achard (qui se trouve devant leurs locaux).
– Une AG d’information se déroule au même moment à l’Hôtel Fumé (centre ville) lors de laquelle est évoquée l’éventualité du blocus.
– À 16h une autre AG se déroulant a la fac de droit (campus) débouche sur le vote du blocus de l’université de Poitiers jusqu’au vendredi 22 octobre.

19 octobre :

Au petit matin vers 4h du mat’, des salariés  de la Poste bloque l’accès au centre de tri de la région : Vienne et Deux-Sèvres, ils sont aidés par d’autres salariés de secteur en lutte ( cheminots, énergie, impôts ) : le courrier n’arrivera pas à temps. Un peu plus tard, ce sont les grévistes de la régie de transports poitevins Vitalis et des étudiants qui bloquent l’accès au dépôt. Conséquence : aucun bus ne circule ce matin, la trafic reprendra doucement en fin de matinée. Des grévistes sont allés en opération escargot  a Chassneuil gueuler devant la maison familiale de Raffarin ( député  et ancien prmier ministre ump) et également à Chauvigny chez Fouché (sénateur ump également ).
Manifestation appelée par l’intersyndicale  : beaucoup de monde ; lycéens et etudiants au cotés des travailleurs , 35.000 personnes selon les syndicats 15.000 selon la police. Ensuite il y a eu une action étudiante, à savoir l’occupation des locaux de la présidence de l’université à une quarantaine de personnes pour dénoncer l’attitude hostile de la présidence à l’égard du mouvement ( mise en place du vote électronique, le recours à la police dans l’enceinte des facultés…).La BAC empêcha, pendant 45 mins, les étudiants de se réunir pour la coordination du mouvement; à la demande de la présidence de l’université.[0]

20 octobre :

Des étudiants antibloqueurs de la faculté de droit ont réussi a entrer en brisant la vitre d’une porte coulissante sous l’œil bienveillant de la vice présidente Mme Lambert en les haranguant (  » vous êtes 500, ils sont 50, ils veulent le rapport de force donc allez y ! ») Comme tous les matins depuis  deux semaines, l’intersyndical tente de  bloquer le rond point de Porte de Paris ( axe routier avec grand flux d’automobilistes ), les flics sont là, ça finit toujours en barrage filtrant avec diffusions de l’information sur les luttes en cours et leur raison d’être, globalement la population soutient les luttes a grand coup de klaxons. Dans l’aprem a l’appel de Solidaires 86, blocage économique du centre commercial GEANT qui finit mitigée pas un blocage total mais barrage filtrant également beaucoup moins réussi qu’au AUCHAN , sans doute du au nombre d’entrées…

21 octobre :

Encore un blocage du dépôt de bus de Vitalis, par des salariés grévistes, des étudiants, de la Poste, : pas de bus le matin. Au même moment,au campus, des étudiants antibloqueurs ont réussi a entrer au sein des locaux grâce à la vice présidente ( elle a piqué les clés à l’administration )[1] ,elle a déclaré encore une fois d’appeler les petits fachos la corpo de la faculté de médecine pour casser les étudiants en lutte! En ville, des lycéens bloquent la porte de leur bahut, la police matraque,dans la « bousculade » des coups partent, le fameux chef de la police Papineau s’en donnent a coeur joie , il gifle un lycéen qui lui rend l’appareil illico, il sera interpellé, mais une fois au comico il sera relâché ( pour éviter une autre « scandale » papineaulesque? en plein mouvement? Sans doute ).Sans oublier que des portables qui filmaient cette « bousculade » seront confisqués et détruits par les keufs ( heureusement d’autres vidéos ont pu parvenir[2] contrairement a celle de fr3[3] ou l’on voit Papineau faire les sommations pour la caméra );au final une fille blessée et hospitalisée ,sans gravité. Des professeurs ainsi que la provo de l’établissement ont tenté de s’interposer face à la violence policière ( le personnel éducatif a  fait un communiqué pour dénoncer la violence policière[4] ).
Après cette intervention policière, les lycéens d’autres lycées bloqués et perturbés viennent en aide,puis tous-tes partent en manifestation sauvage ( entre 1500 et 2000 ) dans tout le centre ville faisant tournés les flics en bourrique. Pendant ce temps-là , les flics occupés, n’ont pas vus la petite centaine de personnes ( cheminots,postiers, étudiants etc…) qui occupent la gare pendant près de deux heures! Après cela, l’AG étudiante qui appelle à la démission de la vice présidence pour son militantisme antiblocage ( et incitation a molester les étudiants bloqueurs ! ) , en plus de la nullité du vote par courrier électronique ,une petite centaine de personne partent déambuler dans la rue bloquer la circulation du campus  jusqu’à la présidence de l’université gueuler pour la démission de la dite vice présidente. Par ailleurs, les étudiants apprennent que la présidence a décidée de fermer administrativement la faculté de droit! ( pour raison de sécurité dit on )

22 octobre :

RDV intersyndical a bloquer Porte de Paris, puis une AG s’est tenue devant la Médiathèque ou les salariés sont en grève depuis une dizaine de jours maintenant; Puis ensuite il y a eu un rassemblement devant la lycée Victor Hugo pour les soutenir; Des personnels du CHU ( hôpital ) font une AG avec des salariés d’autres secteurs en lutte ( dont cheminots ). Dans la matinée, il y a eu une manifestation qui a réuni entre 150 et 200 personnes aux abords de la Centrale Nucléaire de Civaux (a peu près 35 bornes de Poitiers ) , l’accès au site est bloqué par les salariés grévistes sauf pour le personnel de la maintenance,la centrale était au ralenti!
En fin d’après midi il y a eu  une AG populaire ( comme tous les deux jours ) puis un rassemblement  pour une opération péage gratuit sur l’autoroute A10 qui a très bien fonctionner, une centaine de personnes, présence des flics évidemment, des sous ont été récoltés pour  le mouvement étudiant et pour les ouvriers des raffineries en lutte!

25 octobre :

Il y a eu un rassemblement  a Chauvigny ( 20 kms de Poitiers ) de intersyndicale en soutien aux 143 salariés de l’usine de Valdivienne Buroform – rachetée  en dépôt de bilan – ( construction de matériel de bureaux ) qui a réuni près de plus de 400 personnes, ambiance très combative et revendicative c’est dommage qu’il n’y a pas eu une action menée, les deux élus ump du pays chauvinois venus soutenir les salariés (Fouché et Herbert respectivement  sénateur et maire ) ont été conspué pendant près d’un heure non stop!

26 octobre :

Dans la nuit précédente, il y a eu un acte de sabotage sur des chemins de fer au nord de Poitiers, au niveau de Chasseneuil du Poitou : un train de 200 passagers de la ligne Paris-Bordeaux a mis 9 heures pour arriver à pont port. Blocage économique de la zone commercial de Poitiers – Sud avec  plus d’une centaine de personne pendant après de deux heures , pas très efficace car des consommateurs passent, la police est sur place , elle est pris de panique lorsque le sous-chef local  n’a pas été entendu une première fois lors de la sommation…Les manifestants s’en vont car il était prévu par l’intersyndical de bloquer deux heures seulement…..

27 octobre :

Les lycéens ont appelé a une rassemblement devant la préfecture en milieu d’après midi, il y a avait du monde mais pas d’ambiance , seulement  un discours, une présence très notables des organisations des jeunesses socialistes venues faire leurs rackets….

28 octobre :

Blocage dans la matinée du centre de distribution de la Poste a l’appel  de CGT et SUD  ( ni camions et facteurs ) jusqu’à la manifestation  de 10h. Au même moment blocage du dépôt de bus de Vitalis toute la matinée. Puis a 10h grande manifestation elle part du quartier populaire des couronneries, on voit qu’il y a  moins de monde 20 000 ( disons que pour Poitiers, c’est déjà pas mal ), mais la détermination est toujours aussi forte, ça fait chaud au coeur. Tiens les keufs remettent leur brassard sans doute lié à la fameuse ( ou fumeuse ) polémique des flics/casseurs… Arrivée à la préfecture la manifestation de disperse, on est de moins en moins  nombreux donc les voitures peuvent passer, là deux  gars montent sur bagnole, les bacqueux  foncent sur eux, les arrêtent et les foutent en cellule de dégrisement. Finalement ils en ressortent tranquillement. Curieux….

2 Novembre :

le matin, AG étudiante qui vote  le déblocage des facultés  ( arff les étudiants-consommateurs de Droit)…mais le principe d’occupation est approuvé…

A l’appel de l’assemblée populaire / collectif « solidarité pour la grève générale » , une manifestation nocturne rebaptisée pour le coup Charivari réunit une petite centaine de personnes , à coup de pétards et de coups de bâtons casseroles , de cris, de slogans, fait du bruit dans le centre ville de Poitiers terrassée par les chantiers du projet « Cœur d’agglo » . Amusant sur les bords , les flics au taquet ( bon on commence a être habitué ). Ca fait le tour de la mairie  des fenêtres prennent quelques pétards ( à ce moment les rares jeunes socialistes s’en vont ..), tombe quelques barrières de chantier estampillées « Coeur d’agglo »,  un logo du magasin SFR fracassé , et puis  on entend un bruit : une pierre qui échoue sur la vitrine du magasin Bouygues  ( dommage ) la volaille n’avait vu qu’du feu. Puis le charivari finit avec un  petit repas place du Marché….

3 Novembre :

Encore un blocage du dépôt de Bus Vitalis pendant toute la matinée…

4 Novembre :

Occupation universitaire – qui échoue- : détails : http://juralibertaire.over-blog.com/article-occupation-universitaire-a-poitiers-4-novembre-60305130.html

6 Novembre :

Manifestation qui part du Pont St Cyprien, encore moins de monde que la dernière fois 15.000 personnes a tout casser.


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[0] communiqué et photos :http://www.antirep86.fr/2010/10/21/communique-de-presse-detudiants-mobilises-et-du-comite-poitevin-contre-la-repression-des-mouvements-sociaux/
[1] vidéo : http://www.dailymotion.com/video/xfb044_blocusvideo_news#from=embed&start=37
[2] vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=g9rDIGCybMs
[3] vidéo : http://limousin-poitou-charentes.france3.fr/info/poitou-charentes/blocages-tous-azimuts-a-poitiers-86-65493756.html
[4] communiqué : http://www.antirep86.fr/2010/10/23/communique-de-presse-des-professeurs-du-lycee-victor-hugo-de-poitiers-22-10-10


Comportement de la présidence de la fac à l’encontre des prémices d’un mouvement étudiant

Posted: février 14th, 2011 | Author: | Filed under: Occupation, Poitiers, Retraites, Université | No Comments »

–          Fermeture de l’amphi J, pour y empêcher toute AG, et autres initiatives… L’okupation de l’amphi J courant 2008/2009 (mouvement étudiant anti-LRU) est encore dans les mémoires, et en particulier dans celle de la présidence (trois mois d’okupation,  aucun dialogue possible entre les okupantEs et les représentants de la fac, tags, cassage des pubs du campus, cassage du DAB de la fac, interpellations sur le campus, 25 000 euros de dégâts dans l’amphi dont le vol de l’ensemble du matos informatique sono…)
–          La présidence ne veut pas céder d’amphi pour des AG, ou balade la coordination d’UFR en UFR afin de parasiter toute AG ! (La coordination étudiante joue son jeu, et ne veut surtout pas prendre un amphi de force !)
Les lycéenNEs, eux, ne s’en privent pas un matin, arrivant à 1 000 sur la campus ; prise de l’amphi 800 (suite au blocage par les flics de l’amphi J) pour une AG ; la police entrera dans l’amphi pour filmer, ils seront « priés » de dégager ! (Aucun mot de la présidence sur cet événement.)
–          Suite à cela, occupation de la présidence par une quarantaine d’étudiantEs, à la fin d’une manif syndicale, réclamant des comptes sur cette intrusion policière au sein de la fac, et protestant contre le vote électronique mis en place par la présidence, remettant en cause le vote du blocage de la fac ! La police est là en nombre, la discussion stérile entre les étudiantEs et les représentants dure deux bonnes heures (interrompues par l’alarme à incendie) ; la présidence somme les étudiantes de partir d’eux-mêmes sinon ils se verront dans la nécessité de demander l’intervention policière pour libérer les locaux ! Les étudiants ne prennent pas le risque, tout le monde part ! Puis la décision est prise de faire une coordination au sein de la fac, mais la police en nombre bloque l’accès à la fac durant quarante-cinq minutes, et cela à la demande de la présidence !
–          Le 20 octobre, des étudiants antibloqueurs brisent la vitre d’une porte coulissante de la fac de droit afin de pouvoir assister à leurs cours, et tout cela sous les vifs encouragements de Mme Lambert, la vice-présidente de l’université : « Vous êtes 500, ils sont 50, ils veulent le rapport de forces, donc allez-y ! »
Cette même Mme Lambert qui quelques jours auparavant avait d’elle-même forcé les barrages de la fac de droit, déblayant chaises et tables à l’aide de ses protégéEs antibloqueurs, agressant même un étudiant.
–          Nouvelle tentative d’okupation de la présidence par une cinquantaine d’étudiantEs, suite à une manif sauvage (blocage carrefours/rond-points…), encadrement policier assez important !Cette fois la présidence a fermé l’ensemble de ses locaux, allant même jusqu’à baisser les volets de toutes les fenêtres du rez-de-chaussée…
–          Intervention en surnombre des forces de police (trentaine de flics dont J.-F. Papineau vs 40 étudiantEs) pour évacuer le bâtiment de Malraux (UFR quasiment plus utilisée!) Intervention demandée par la présidence dans son ensemble !


Une occupation mort-née…

Posted: février 14th, 2011 | Author: | Filed under: Occupation, Poitiers, Retraites, Université | No Comments »

Il est 15 heures ce jeudi… quand une petite cinquantaine de personnes (étudiants, lycéens…, rien du tout) se rassemblent pdm, dans le but d’occuper Malraux (bâtiment de l’univ de Poitiers quasi inoccupé depuis ce début d’année scolaire) ! Certains sont là sachant ce qui va se passer et d’autres non ! Les gens attendent, boivent des bières, se regardent, attendent le lancement de l’occupation ! Cette attente se déroule dans une apathie collective ! La police est là, elle observe et elle aussi attend !
Au bout d’une bonne demi-heure, les gens se lèvent et suivent une ou deux personnes qui ont pris la décision d’y aller et de ne pas continuer à attendre éperdument ! La police suit mais ne cherche pas à intervenir, elle observe et attend et ne bloque pas l’accès au bâtiment.
Une fois à l’intérieur, ces « squateurEUSEs » restent, dans l’ensemble, dans cette apathie ressentie quelques minutes auparavant lors du rassemblement ! CertainEs s’affairent à bloquer les issues de secours et les entrées (permettant ainsi de ne laisser qu’un seul accès au bâtiment), d’autres visitent les salles, les sous-sols… cassent certaines portes fermées par l’administration à la hâte ! Des banderoles sont déployées du toit « Flics hors des facs, fuck les keufs » « La retraite à 20 ans, pour baiser il faut du temps » « Blocage, grève générale » « Lieu occupé » ! Un infokiosk est installé, un free-shop est mis en place!
Enfin une réunion est organisée pour discuter des modalités de l’occupation, et s’organiser (bouffe, blocage…), nous aurions pu espérer que cette discussion apporte une dynamique, une force à cette okupation ; mais il n’en est rien ! Il est décidé de laisser les peu de cours se déroulant au sein du bâtiment, de laisser l’ensemble de l’administration avoir accès au bâtiment (secrétaire, concierge…), de n’offrir aucune résistance à une intervention policière (aucune réflexion sur le fait  de « négocier » avec la police de ne pas être contrôlé,  filmé, pris en photo…) !
Les divergences de positions politiques, qui pouvaient se révéler carrément antagonistes, ont entraîné ces décisions (manque d’envie, sûrement pas la motiv de s’épuiser éperdument) !
En effet certains sont là pour créer un lieu de lutte, de rencontre, de fête, de réflexion… Un lieu vivant et non pas moribond auquel cette occup était condamnée depuis le début, un lieu où des gens (syndicalistes, précaires, chômeurs, lycéens… rien du tout…) auraient pu passer afin de s’organiser, de dépasser les cadres de lutte imposés par « le mouvement » dit des retraites… même si cela aurait sûrement été temporaire, cette okupation aurait pu être intense, insuffler une force, des envies nouvelles à pas mal de personnes !
Tandis que d’autres pensent à faire des ateliers peinture, théâtre… et sûrement pour travailler leurs cours afin de réussir leurs partiels, comme on a pu le voir dans le hall pendant « l’occup » ! Se  « battre » pour des miettes ou pour se donner bonne conscience de gôche tout simplement.
Cette divergence émane réellement d’une question de pratiques et de moyens mis en place dans des perspectives (court terme, long terme…) bien différentes ; c’est pour cela que nous ne pourrons jamais être en accord, et faire un front commun avec une partie « des okupantes » de Malraux !
Bref. Cette réunion tourne en rond et dans un seul sens, certains « commencent » à penser que cette occupation est déjà morte ou l’a toujours été (et ne cherchent réellement plus à s’y « investir ») !
L’arrivée de la délégation de la présidence  déstabilise une bonne partie des occupantEs, la menace de l’arrivée de la police met la pression sur certainEs personnes qui avaient oublié qu’une occupation est une action qui doit se dérouler dans un rapport de forces. Résister à la pression de la présidence et à l’évacuation policière sont des pratiques à concevoir et à établir le plus rapidement possible, et en effet cela n’avait nullement été réfléchi ou préparé ; bloquer solidement l’entrée principale, se réfugier sur le toit lors de l’interv policière aurait pu être des techniques tout à fait concevables et n’entraînant aucun risque judiciaire pour les occupantEs !!
Il est quand même décidé de rester la nuit à Malraux, la bouffe se lance ! Mais à 21 heures la police intervient (environ 8 bagnoles sans compter la caisse des barbouzes garée depuis quatre bonnes heures devant le bâtiment)  =} environ 40 flics, vilci et uniformes, J.-F. Papineau (écharpé en tricolore)…  Ça filme, ça contrôle tout le monde, ça fait tout le tour du bâtiment (grosso merdo)…les sacs et la tambouille sont rendus ; pour ce qui est du freeshop il restera entre les mains des uniformes bleus; mais l’infokiosk a réussi à être sorti assez rapidement lors de l’intervention des keufs !(2, 3 personnes ont tout de même réussi à échapper au contrôle des keufs !).
Les flics sont tranquilles, ils savent qu’ils agissent au sein de l’Université (qu’ils ont affaire en majeure partie à des étudiants), de plus la présidence a dû veiller à ce que l’intervention se passe dans le calme ; en effet, faire intervenir la police au sein de l’université n’est pas chose facile pour une présidence qui cherche et se bat constamment pour soigner l’image de sa fac ; alors; si cela doit provoquer des débordements; ça risque de faire pas mal de vagues dans le milieu universitaire (ou pas) (cf. communiqué de presse sur « l’okup ») !
Petite anecdote, le lendemain de l’expulsion de « l’okup », qui est invité à se rendre à l’inauguration et l’ouverture officielle de l’hôtel Fumé (bâtiment de la fac rénové et réouvert cette année), en compagnie de la présidence de la fac, de Ségo, le maire Cœur d’agglo… ? Notre cher Jean-François Papineau !
Cette okupation n’apporta pas l’effet escompté par certainEs, bien loin de ce que ces derniers/dernières avaient pu vivre deux ans auparavant lors de l’okupation de l’amphi J (bâtiment de la fac) pendant un peu plus de trois mois, pendant le mouvement anti-LRU de 2008. Où un lieu de vie avait réellement vu le jour, où des rencontres et des affinités avaient pu être possibles ! L’époque où le campus avait été tagué, ses pubs éradiquées, le dab détruit… Puis évacué suite à l’interpel de 3 okupants (après un cassage de pubs, incendie de poubelle, violence sur keufs, et bris de vitre d’une banque)… 25 000 euros de dégâts au sein de l’amphi aux frais de l’université ! Cette okupation de 2008/2009, et le fait que la fac de Poitiers soit l’une des premières de France à devenir propriétaire de ses murs à partir de 2011/2012, a sûrement incité la présidence à changer de comportement à l’encontre de tout mouvement étudiant (cf. l’article sur l’évolution du comportement de la présidence) !

Okupons-la, trashons-la ta fac GESSON !


Remarques sur le mouvement contre la réforme des retraites à Poitiers

Posted: février 14th, 2011 | Author: | Filed under: Poitiers, Retraites | No Comments »

A établir une litanie d’actions et les mobilisations dans le département de la Vienne (voir chronologie) l’on pourrait croire à un déferlement d’un mouvement de masse prêt à en découdre avec le pouvoir en place. Évidemment la réalité est beaucoup plus complexe. Et ça n’est pas l’intersyndicale départementale, répondant à l’appel des centrales nationales pour battre le pavé, qui dira le contraire.
Les syndicats possèdent encore l’horloge, donc ils imposent le rythme des mobilisations et des manifestations. Celles-ci, comme dans l’hexagone furent dès le départ bien garnies (on avait plus connu ça depuis celles dites «du pouvoir d’achat» en Janvier/Mars 2009 ou celles contre le CPE) avec près de 30.000 personnes. Ces nombreuses personnes sont venues pour montrer leur hostilité à la réforme qui préconise le recul de l’âge de départ. Un ras-le-bol nourri également à cause de l’affaire Woerth-Bettencourt, et de l’attitude de Sarkozy bien évidemment (antisarkozysme quand tu nous tiens…)
Malgré ses velléités d’élargir le mouvement au plus grand nombre possible, l’intersyndicale fut assez fermée à d’autres personnes non-syndiquées, de fait elle fut donc verrouillé par les syndicats institutionnels (CGT, CFDT, FO etc.…) se méfiant comme souvent d’initiatives collectives et/ ou individuels qui naissent en dehors d’elle.

L’on peut tout de même souligner l’attitude du syndicat SUD qui au niveau local a eu la volonté de faire des «choses» en dehors d’une intersyndicale hermétique, en appelant a diverses actions de blocages économiques [1] , ce qui a eu pour conséquence , dans un premier temps de pouvoir agir avec les anarchistes et radicaux dans leur rapport à l’ action directe concrète et dans un second temps d’être l’objet d’un certain regain d’intérêts de nombreux retraités, salariés, chômeurs, précaires jeunes ou moins jeune a rejoindre le cortège de SUD lors des manifestations. SUD a toujours cette position particulièrement ambigüe : présente dans une intersyndicale hostile et en même temps avoir une caution de syndicat combatif en appelant a des actions plus «radicales». Celles-ci n’ont pas perturbé le cours normal de l’économie, car elles furent très souvent très symboliques.

Les manifestations poitevines avaient un caractère assez particulier, dans la mesure ou pas mal de personnes du milieu militant, associatifs se connaissent et se reconnaissent : ce qui donne lieu a une perte de l’anonymat à un « entre soi ». On vient en manif pour croiser son amie que l’on a pas vu depuis des années, son collègue qui a changé de syndicat ou bien les parents d’une personne que l’on peut pas blairer etc. Les manifestations furent très bon enfant, une attitude et une image chère à notre Maire A. Claeys : la bonhommie poitevine. Serait ce du à l’image de la composition socioprofessionnelle de la ville de Poitiers ? Possible que le caractère de classe moyenne supérieure en plus d’un assez important fonctionnariat très syndiqués et relativement assez protégés des aléas du sacro-saint marché y sont pour quelque chose. Par exemple, on peut noter qu’il n’y a pas eu de confrontation avec les flics, pas de tentatives d’action en manifestation, on se laissait trainer dans des marches assez ternes. Comme une absence, comme un oubli qu’il y avait sans doute des actions à faire qui marque une concrétisation d’une rage légitime face à un pouvoir et son mode de gestion de nos vies. De même les révolutionnaires et autres radicaux ont été entrainés également dans cette absence malgré des tentatives : la création d’une « assemblée populaire », d’une caisse de soutien à la grève générale qui ne reposait pas sur une réalité faite de dynamique dépassant les marges de manœuvres des syndicats.

Le mouvement ouvrier a été peu présent mis à part quelques exceptions [2]. On a seulement entendu les malheurs des travailleurs de «Buroform» pour lesquels il y a eu un rassemblement de solidarité devant la Mairie de Chauvigny.

On pourra noter l’absence du mouvement paysan local [3], par exemple, l’on n’a pas vu la confédération paysanne lors des rassemblements et des actions de ce mouvement contrairement à ce que l’on a vu pendant le mouvement anti-CPE où il y a eu des passerelles crées avec les jeunes lycéens/étudiants. Ces derniers ont été très peu présents lors des manifestations à part la frange militante en dépit l’agitation qui a eu dans leurs facultés et certains bahuts qui a été l’objet d’une répression particulière de la part des forces de l’ordre, et des plus hautes instances administratives de l’éducation (voir article).
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[1] : Un syndicaliste de SUD est poursuivi pour entrave à la circulation après une action de blocage économique de l’intersyndicale, juridiquement il risque deux ans de prison, une amande et le retrait de points de son permis.
[2] : En région, on peut parler du blocage du dépôt pétrolier Total de La Pallice (La Rochelle).
[3] : Mouvement paysan qui ces dernières années a lutté, mais seule, autour de leurs revenus ou bien la crise des producteurs de lait, etc.