[Poitiers] Rassemblement pour la contraception et l’avortement libres et gratuit.e.s !

Posted: novembre 13th, 2013 | Author: | Filed under: Feminisme, femmes, homosexualités, genres | No Comments »

ivg-web

Voici une quarantaine d’années, le mouvement de libération des femmes s’est battu pour obtenir le droit à disposer librement de son corps, notamment en maîtrisant sa fécondité. Sous la pression de la rue, et malgré l’opposition d’une bonne partie de la classe politique et du corps médical, la contraception a ainsi été libéralisée et remboursée par la Sécurité sociale en 1974 ; et, l’année suivante, la loi Veil a dépénalisé l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Mais depuis les conditions d’accès à l’avortement sont devenues de plus en plus difficiles, tant par le manque de centres d’IVG que par leur qualité et par les délais pratiqués.

Le rapport rendu par le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, le 7 novembre dernier, sur l’accès à l’IVG met en évidence le parcours de la combattante par lequel les femmes doivent passer pour un avortement. Dans le Poitou-Charentes, un tiers seulement des établissements pratiquant l’IVG prennent en charge cette intervention sur une patiente entre la dixième et la douzième semaine de grossesse. Pourtant, selon le code de la santé publique, « les établissements publics […] qui disposent de lits ou de places autorisés en gynécologie-obstétrique ou en chirurgie ne peuvent refuser de pratiquer des interruptions volontaires de grossesse ».

Divers obstacles jalonnent le parcours de soins, causant parfois des situations dramatiques. Les chiffres (sous-estimés) montrent que, dans notre région, 86 IVG n’ont pas été prises en charge en 2012, obligeant les femmes concernées à s’orienter vers une autre région ou à renoncer à l’IVG. Comme le souligne le rapport du Haut Conseil, la loi n’est pas pleinement appliquée « compte tenu du refus de certains médecins et établissements de santé de pratiquer certaines IVG ». Des professionnel.le.s de santé n’hésitent en effet pas à remettre en cause la décision des femmes, à les culpabiliser, voire à refuser délibérément de les prendre en charge. Oubliant toute éthique, piétinant la santé, c’est-à-dire le bien-être et le respect de ces personnes.

Face à la toute-puissance du corps médical, les gouvernements successifs ont laissé faire, et c’est ainsi que la situation s’est très rapidement détériorée. Même le Haut Conseil « s’étonne vivement que ce dysfonctionnement qui contrevient aux obligations légales fasse l’objet d’une tolérance » de la part des pouvoirs publics. À la vérité, le refus de pratiquer l’IVG est sans doute bien moins dû à la « liberté de conscience » derrière laquelle se retranchent nombre de chirurgiens, et les pouvoirs publics avec eux, qu’au faible intérêt financier représenté par une telle intervention. En avril 2013, son tarif a certes été revalorisé de 50 %, comme le demandaient depuis des années des associations de défense de l’avortement pour inciter les établissements de santé à le pratiquer – mais il est peu certain que cela suffise à inverser le cours des choses, « l’affaire » n’étant sûrement pas assez juteuse.

De plus, dans le même temps, les centres de Planning familial luttent pour leur survie face à la suppression chronique des subventions de l’État, alors qu’il s’agirait d’assurer une meilleure information sur la sexualité des femmes et des hommes dès le plus jeune âge. Et, comme le soulignait déjà le MLAC (Mouvement pour la liberté de l’avortement et la contraception) dans les années 70, le seul moyen de faire disparaître les fortes inégalités existant entre les femmes sur la question de l’avortement consiste à pouvoir recourir à cet acte sans qu’il dépende de leurs revenus et de leur couverture sociale. Or, si les frais de soins, de surveillance et d’hospitalisation liés à une IVG sont enfin, depuis avril dernier, intégralement pris en charge par l’assurance maladie (ils ne l’étaient jusque-là qu’à 70 ou 80 % pour les assurées majeures), les femmes non couvertes par la Sécurité sociale ne peuvent en bénéficier… et de toute façon, en l’état actuel du dispositif de santé et face à l’incurie du secteur public, le recours aux cliniques privées ici comme ailleurs reste conditionné au règlement de dépassements d’honoraires et autres frais qui ne sont pas à la portée de toutes les bourses.

La retombée du mouvement des femmes a de plus permis aux catholiques intégristes de reprendre du poil de la bête à travers des mouvements anti-IVG menés essentiellement par des hommes.

Ainsi, l’association SOS tout-petits qui, en 1986, « consciente du caractère sacré de la vie humaine de la conception à la mort naturelle », s’est donnée « pour but de la sauvegarder par la prière ». Il s’agit pour ces intégristes de « protéger la vie » par tous les moyens : prières anti-IVG devant les cliniques, actes d’intimidation et de culpabilisation envers les patientes du Planning familial, affiches de fœtus ensanglantés ou commandos anti-IVG dans des blocs opératoires. Depuis la loi de 1993 sur le délit d’entrave à l’IVG, ils ont dû revoir leurs méthodes à la baisse. En 2012, une patiente du Planning familial a par exemple reçu d’eux… une paire de chaussons en tricot avec une médaille représentant la Vierge Marie. Mais le ridicule de tels « cadeaux » ne saurait faire oublier la violence de ces mouvements, sur lesquels plane évidemment l’ombre du FN – qui considère le Planning familial comme une incitation à l’IVG et préconise le déremboursement de cet acte…

Nous revendiquons le droit des femmes à choisir si elles veulent un enfant, et quand. Le droit d’être accompagnées dignement et gratuitement dans toutes leurs décisions, avec des moyens en réponse à leurs besoins, quels que soient leur âge et leur condition.

Samedi 16 novembre 2013, nous nous rassemblerons à 11 heures devant l’église Notre-Dame, à Poitiers, pour réaffirmer notre volonté de choisir et de disposer librement de nos corps et de nos vies.

Puis, à 14 heures, nous accueillerons comme il se doit les intégristes de SOS tout-petits et leurs sympathisant.e.s, toujours devant l’église Notre-Dame. Rejoignez-nous !

Un groupe d’autodéfense antisexiste

P.-S. : Nous profitons de l’occasion pour lancer un appel à témoignages auprès de toutes les femmes qui se sont fait avorter à Poitiers. Écrivez-vous à faispasgenre [arrobase] riseup [point] net


Le mariage pour tous et toutes… mais plus encore pour personne !

Posted: janvier 11th, 2013 | Author: | Filed under: Actualité, femmes, homosexualités, genres | No Comments »

Sur le principe de l’égalité des droits, et contre les réactionnaires de tout poil qui s’agitent en ce moment sur la question du mariage pour les couples homosexuels, dans un beau tapage médiatique à arrière-fond politicien, nous ne pouvons qu’affirmer le « droit au mariage » des homosexuel-le-s. Mais sans oublier de dénoncer le mariage pour ce qu’il est aujourd’hui comme hier : une institution patriarcale et un instrument de contrôle social – et sans oublier de lutter à la fois pour la généralisation de droits attachés aux personnes en dehors de toute considération de leur vie affective ou sexuelle et pour une vraie libération sexuelle.

Le mariage, union traditionnelle d’un homme et d’une femme pour procréer et régler les questions d’héritage, va être ouvert en France aux couples de même sexe – après certains pays et avant d’autres. Les arguments en faveur de ce changement sont essentiellement liés à l’évolution de la parentalité, et les opposant-e-s au projet du gouvernement ne s’y trompent pas : il y a derrière, entre autres, le droit à l’adoption pour les couples homos et le droit à la procréation médicalement assistée (PMA) pour les lesbiennes. Cette modification est également rendue nécessaire par une revendication d’égalité – mais de quelle égalité s’agit-il ?

Pourquoi un couple éprouve-t-il en général le besoin de se marier, de nos jours ? Pour faire reconnaître son amour par le monde entier, à commencer par l’Etat. Pour réduire ses impôts s’il y a déséquilibre de revenus. Pour affirmer qu’on n’est plus « disponible », le port d’un anneau affichant cette indisponibilité… D’aucun-e-s ajouteraient que le mariage hétéro sert aussi à ce que l’homme dispose d’une employée de maison bon marché et à ce que la femme ait un propriétaire publiquement reconnu (en ajoutant cette devinette : « Pourquoi les robes de mariée sont-elles blanches ? Pour être assorties à la machine à laver et à la cuisinière »)… mais ce genre de fonctionnement entre homme et femme n’est malheureusement pas l’apanage des couples mariés.

Quoi qu’il en soit, le mariage étant une institution du système patriarcal qui sert le contrôle social, réclamer son extension ne devrait en aucun cas être l’une de nos revendications. Cependant, la réalité étant ce qu’elle est, soutenir le mariage pour toutes et tous est pour nous comme soutenir le droit de vote pour les immigré-e-s : une revendication minimale d’égalité parallèle à des revendications contradictoires et plus fondamentales.

 A bas l’ordre patriarcal…

Dans les années 1970, des homosexuel-le-s (en particulier au sein du Front homosexuel d’action révolutionnaire) ont mené des luttes visant à faire évoluer les mœurs – pour le droit à disposer de son corps afin de satisfaire ses désirs multiples avec les personnes de son choix, quel que soit leur sexe ; pour combattre les préjugés et les interdits, la morale bourgeoise et son ordre, son exigence de fidélité…

La revendication du mariage posée actuellement par des homosexuel-le-s, et soutenue par une partie de la classe politique, souligne la régression opérée depuis cette époque. Certes, au nom de l’égalité avec les hétéros – et même si cette égalité posée pour l’occasion en principe ne paraît guère préoccuper grand monde sur d’autres terrains économiques et sociaux –, ces personnes doivent pouvoir transformer leur désir en droit, on l’a dit plus haut. N’empêche, dans une époque où plus de la moitié des mariages entre hétéros sont suivis à assez brève échéance d’un divorce, quelle drôle d’idée que de vouloir à toute force passer devant le maire (et pourquoi pas le curé ! Pourquoi pas, tant qu’on y est, remettre au goût du jour l’exigence de la virginité, pour faire délicieusement rétro ?) afin de s’unir à une autre personne du même sexe – y compris si c’est celle que l’on aime le plus au monde (à un moment donné) ?

Cette aspiration au mariage de ces homos-là est le mouvement inverse de la libération sexuelle : un désir éperdu de rejoindre la norme. Quoi qu’il s’agisse d’un contrat civil, on sent dans leur revendication du mariage tout un contenu symbolique d’inspiration religieuse ; c’est pourquoi sans doute certain-e-s de ceux qui la portent s’agacent des positions réactionnaires de l’Eglise – alors que celle-ci ne fait que jouer son rôle habituel. Mais quelle bizarrerie que des homos rejoignent les chrétien-ne-s traditionalistes pour s’appuyer sur la famille comme fondement de l’ordre social ! Bien sûr, leurs préoccupations sont différentes : les seconds défendent leur attachement à d’antiques croyances et idées, alors que les premiers, en mal d’enfants, voient sans doute avant tout dans le mariage le moyen de faire reconnaître leur sexualité minoritaire. Il n’en demeure pas moins que bien d’autres contrats plus adaptés à la réalité des relations amoureuses actuelles auraient pu être mis en avant – comme le PACS, qui est sûrement « améliorable » sans devenir un pastiche du mariage.

… et vive la libération sexuelle !

De plus, beaucoup d’homosexuel-le-s se soucient assez peu du mariage : seule une infime fraction de ce qui, par la diversité des opinions et valeurs qu’on y trouve, n’est pas vraiment une « communauté » aspire à la fondation d’une famille. La question du mariage mobilise surtout quelques associations d’activistes en quête de nouvelles causes permettant de dénoncer l’homophobie rampante et de justifier leur existence.

La « gauche » au pouvoir, quant à elle, tente avec le « débat » en cours essentiellement de détourner l’attention de la politique qu’elle suit : ayant démontré sitôt élue, et sans nulle surprise, qu’elle ne changerait rien à l’ordre capitaliste, elle offre à ses soutiens faiblissants cet enjeu « sociétal » avec l’espoir de lui faire perdre un peu de vue le mécontentement général. En mai 2012, Barack Obama avait déjà donné le ton : surmontant d’ultimes réticences liées à ses convictions religieuses, et après avoir cédé au patronat sur tous les terrains économiques et sociaux, il s’est prononcé en faveur du mariage gay pour s’efforcer de redonner un but au camp du « progrès ».

Dernière remarque : dans le soutien apporté à cette revendication du mariage, on ne peut que constater un fort désir d’assimiler les « gays » – autrement dit, une volonté de les voir quitter leur place un peu à part dans la société : fini la cage aux folles, les obsédés chassant un bon coup, les pervers à tendance plus ou moins pédérastique. Bien plus que les gays eux-mêmes, la grande majorité de l’opinion « gay-friendly » applaudit ainsi ce désir de famille qui les rend enfin pleinement fréquentables. Une fois mariés, rangés, déclarés, ils et elles cesseront de représenter un groupe trouble et dangereux. La mise en avant – par le biais de l’adoption ou des techniques de procréation assistée – du couple et de la reproduction sur la « débauche » marque le triomphe d’une conception morale de l’homosexualité. Comme le souligne l’écrivain Benoît Duteurtre, « notre époque postmoderne accomplit par là son idéal fusionnel – ou confusionnel – en enveloppant tout (ordre, rébellion, norme, transgression, minorité, majorité, religion, péché…) dans un même paquet cadeau égalitaire marqué du sceau de la loi et du respect ».

Alors, le mariage des homos pour faire chier les réacs, oui – mais la libération sexuelle pour renverser l’ordre social, encore plus oui !

Vanina

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Poitiers : Manifestation Unitaire pour le Droit au Mariage pour Toutes et Tous , le Samedi 12 Janvier 2013 à 14h, rdv devant l’hotel de ville (Place d’armes).

 


A propos du Squat « Le Con » courant juin à Poitiers

Posted: janvier 17th, 2012 | Author: | Filed under: Expulsion, femmes, homosexualités, genres, Logement/squat, Poitiers | No Comments »

« Nous, occupants de l’immeuble situé au 89 de la rue des Feuillants depuis près de deux semaines, avons ouvert ce lieu au public le 15 juin après avoir prévenu le voisinage de notre présence.
Notre démarche est politique. Nous entendons faire de cette habitation un lieu d’échange et de rencontres : repas de quartier, friperie, expressions diverses… Nous vous invitons à venir participer à différents débats ainsi qu’à proposer des sujets de discussion. Nous souhaitons nous organiser sur l’initiative de chacun et chacune afin de nous réapproprier, à notre mesure, la ville, le temps et l’espace. A très bientôt ! »

(communiqué d’ouverture des squatteur-euse-s du « con »)

Un groupe d’individuEs considéré comme proche de « la mouvance anarchiste » -selon les merdias poitevins-, a ouvert une maison à Poitiers à partir de la mi-juin. L’occupation du lieu a été plutôt courte ; en effet après plusieurs tentatives d’intimidation de la part de la police, de Logiparc (bailleur sociale propriétaire des murs de cette maison) [1] , de mensonges à répétitions dans la presse locale [2], d’une décision d’expulsion délivré extrêmement rapidement ; la joyeuse bande d’occupantEs à quitter les lieux dans la nuit du 23 au 24juin. Bien sûr la police (en nombre) est intervenue à environ 3h du matin durant le déménagement, en s’introduisant dans la maison sans huissier de justice, l’ensemble des personnes présentes ont réussit à faire pression et à sortir sans qu’une seule identité n’est pu être récupérer par les pandores.[3]
Ce lieu a permis de rencontrer des voisins, d’organiser des bouffes collectives, une projection, et des débats. Mais surtout elle a permis à un grand nombre de personnes  de se rencontrer et à se connaitre ; créant une dynamique et des envies que ni les flics ni la presse et autres juges ne pourront enrayer. Nous prenons bonne note que ni la mairie, ni la police et autres personnalités influentes poitevines ne nous laisserons ouvrir un lieu [4], face à la restructuration urbaine poitevine nous continuerons les hostilités à leur encontre.
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