Débat sur les nanotechnologies

Posted: février 16th, 2013 | Author: | Filed under: (anti-)industrie, technologies, contrôle social, Etat sécuritaire, libéralisme, anti-capitalisme | No Comments »

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Manifestation anti-nucléaire à Laval (53)

Posted: octobre 11th, 2012 | Author: | Filed under: (anti-)industrie, technologies, écologie, anti-nucléaire, agriculture, ressources naturelles, Ecologie - nucléaire - alternatives, En une, Environnement et écologie | 1 Comment »

 

Le 13 octobre, entrons en fusion contre le nucléaire

Ce que nous voulons c’est l’arrêt immédiat de toutes les centrales nucléaires et pas seulement de celle de Fessenheim qui ne serait qu’un os à ronger pour les écologistes. La décision d’abandonner cette industrie reste un choix politique et l’exigence d’un arrêt immédiat, total et définitif est donc le seul mot d’ordre qui vaille, surtout après la catastrophe de Fukushima et l’incident à Fessenheim. Le nucléaire ce n’est pas une affaire d’énergie pour satisfaire nos besoins, c’est avant tout une affaire industrielle liée à un mode de production.

Les nucléocrates jouent sur la peur ! Ils nous disent que sans le nucléaire nous reviendrions à la bougie et mènerions une vie misérable ! Or, c’est cette organisation sociale et économique qui permet les catastrophes tel que Tchernobyl et Fukushima…

L’arrêt immédiat des centrales est techniquement possible sans que cela change grand-chose aux modes de vie actuels. Si les capitalistes y étaient obligés par la multiplication des catastrophes ou par une diminution drastique des bénéfices escomptés, ils trouveraient tout seul le moyen d’arrêter le nucléaire en remettant en marche des centrales thermiques et hydroélectriques. Car ce qui compte pour eux ce n’est pas de nous rendre service en maintenant un mode de vie supposé élevé ou merveilleux, mais bien de faire des bénéfices ! Ce qu’ils veulent en prolongeant le nucléaire, c’est amortir leurs investissements et toucher les dividendes… et pour ça peu importe les catastrophes et les morts (les capitalistes se sont toujours foutus des dégâts collatéraux comme les guerres, ils se foutent aussi des explosions nucléaires).

Luttons donc pour l’arrêt de la machine nucléaire, contre le système qui l’a produit et qui nous offre chaque jour les preuves de la nécessité de l’abattre. Les mesures d’austérité annoncées pour « recapitaliser » les banques toucheront salaires et retraites, mais pas les milliards engloutis par cette industrie qui remplit les poches des grosses entreprises et de leurs actionnaires. Ceux qui, à droite comme à gauche, demandent une sortie du nucléaire en 20, 30 ou 40 ans ne font qu’offrir aux grands groupes capitalistes comme Bouygues, AREVA, Vinci et autres les moyens de faire encore plus de bénéfices et de leur offrir le délai nécessaire pour rentabiliser au maximum leurs investissements passés et pour faire du solaire, de l’éolien, de la géothermie, un gisement de profit aussi juteux que le fut le nucléaire dans les années 70. Si l’industrie nucléaire est une folie meurtrière le système qui l’a mis en place l’est tout autant.

Par ailleurs, la stratégie nucléariste s’est toujours accompagnée d’une volonté de développement de grands travaux qui sont eux aussi un vecteur du redéploiement capitaliste. Trains à grande vitesse (LGV Poitiers-Limoges, TAV dans le Val Susa…), méga aéroports (Notre Dames des Landes), Lignes à très haute tension (lignes Cotentin-Maine), autoroutes (terriennes et de la mer), bétonnage généralisé, projet de forages pour l’extraction du gaz de schiste etc. Ces projets ne sont utiles qu’aux élites, aux industriels du tourisme et du transport, et aux projets visant à redessiner et à marchandiser un peu plus encore nos espaces et nos vies en vue de profits à réaliser.

À l’opposé, certain(e)s dans les luttes actuelles soumettent l’idée que la solution passe par la réappropriation et la redéfinition collective des besoins et des moyens de production d’énergies au niveau local.

Les luttes qui se mènent actuellement ne sauraient être récupérées à des fins politiciennes par des responsables de partis qui participent au pouvoir qui les met en œuvre. Elles appartiennent à celles et ceux qui luttent. C’est pourquoi le « Copain » considère qu’être antinucléaire c’est lier ces combats entre eux et en être partie prenante.

Tous à Laval le 13 octobre, pour former un bloc anticapitaliste et porter un message clair, ni rose, ni vert, arrêt immédiat du nucléaire !

COPAIN
(COllectif Poitevin pour l’Arrêt Immédiat du Nucléaire)
copain [arrobase] riseup [point] net


De l’économie de la connaissance (ou de l’immatérialité) à Poitiers

Posted: janvier 21st, 2012 | Author: | Filed under: (anti-)industrie, technologies, élites, patrons & gouvernants, Éducation - partage des savoirs, Poitiers | 1 Comment »

«C’est la vie la concurrence. Je vais même vous dire mieux, moi, j’ai la concurrence qui coule dans mes veines.»
Nicolas Sarkozy, au JT 20h de TF1 le 4/09/05

«Les individus ne constituent une classe que pour autant qu’ils ont à soutenir une lutte commune contre une autre
classe ; pour le reste ils s’affrontent dans la concurrence.»
Karl Marx, L’idéologie allemande.

La concurrence c’est la guerre, le profit c’est le butin

Le capitalisme, de part son fonctionnement propre a besoin de conquêtes d’espaces (ce qu’il appelle « marché ») divers et variés pour perpétuer les profits engrangés par quelques uns. Sans rentrer dans l’explication marxiste des phases du capitalisme et ses contradictions internes, chacun peut constater qu’aujourd’hui, le capital a besoin (du moins dans les pays dits développés) de moins de bras pour produire des biens. De plus, le capital s’est en grande partie financiarisé et dématérialisé à l’image des paradis fiscaux ou des spéculations boursières. L’ère de l’industrialisation est révolue au grand dam des productivistes (cf. discours sur le ré-industrialisation du territoire).Les communautés de vie ouvrière et/ou prolétarienne se sont disloquées face à l’offensive du capital et de sa bourgeoisie.
Cette offensive libérale capitaliste est basée sur un principe de base, plus précisément une idée-force qu’est la concurrence entre les travailleurs, au sein même ,et entre, les communautés de vie : c’est, d’après la doxa libérale, un des gage pour le « progrès » humain. Ce qu’il faut comprendre par : c’est comme cela que les décideurs et capitalistes vont se faire des sous ! Alors tant bien que mal on masque ce mot avec d’autres : compétition, émulation… Ce principe de concurrence, on nous l’apprend de l’enfance (écoles, activités sportives ou musicales etc..) à l’âge adulte : il faut être le premier.
Il régit un grand nombre d’activités économiques et sociales aujourd’hui. Etre le premier à produire en masse et à moindre coût n’est pas quelque chose de nouveau pour les tenants du capital (on l’a bien vu avec le taylorisme). C’est la base même de la guerre économique que [se] mènent les patrons à travers le monde.

Poitiers dans la stratégie de Lisbonne

Ainsi, des efforts sont effectués pour capter, concentrer, mobiliser ; toutes les forces productives en présence, comme dirait Marx. Dans une ville comme Poitiers (et son agglomération) qui a un bassin industriel peu conséquent contrairement au secteur tertiaire : les plus grands employeurs dans l’agglomération sont ceux de la fonction publique (Hôpital / Université..) et les activités du tertiaire (tissu associatif et culturel fort, services, commerce, transports…). C’est avec cette réalité économique et sociale que la ville de Poitiers avec son projet Coeur d’Agglo tente de s’inscrire. En réalité c’est une stratégie qui a eu lieu il y a bientôt plus de dix ans (en 2000, en pleine bulle d’Internet et du mythe de la « Nouvelle Economie ») et qui s’est mise en place au niveau européen : c’est ce que le les technocrates européens ont appelé la stratégie de Lisbonne.
En quoi consistait cette stratégie ? C’était, selon les dires du Conseil Européen, de faire de l’Union Européenne, « l’économie de la connaissance [1] la plus compétitive et la plus dynamique du monde d’ici à 2010, capable d’une croissance économique durable accompagnée d’une amélioration quantitative et qualitative de l’emploi et d’une plus grande cohésion sociale ».[2]
Force est de constater que ce fut partiellement un échec (surtout en matière de création d’emplois…certains s’en plaindront pas..). D’ailleurs, dès 2005, certains Etats membres vont faire marche arrière en considérant qu’il y a très peu de perspectives communes étant donné les décalages des mises en application de cette stratégie entre les dits Etats membres. En somme chacun pour sa peau et puis, ce sont les multinationales qui décident, mécontentes du vote des français et hollandais contre le projet de la constitution de la « concurrence libre et non faussée ».

Néanmoins, des politiques volontaristes, de soutien aux industries de pointes par exemple, ont été effectués dans ce sens (où l’on a vu plusieurs multinationales profiter des deniers publics de collectivités pour pouvoir s’implanter ou même être exonérées d’impôts). Mais c’est aussi et surtout une vague de privatisation et marchandisation (engagée par les socialistes..) tous azimuts des services qui s’est abattue sur de nombreux pays dans des secteurs qui tant bien que mal étaient sous le regard public (gaz,  électricité, éducation, poste, télécoms transports etc..). Et, il y a eu un des axe majeur qui a été le soutien aux industries ayant un besoin de connaissances pour la recherche fondamentale et/ou appliquée afin de la mettre en valeur. Sur le credo schumpetérien que toute innovation apporte le bonheur aux être humains, on a mis en place de pôles de compétitivité ou d’excellence (par exemple le Biopole sur le Campus universitaire). De plus, à ce propos la Région Poitou-Charentes souhaite devenir une région moteur de la recherche-développement dans ce qu’on appelle énergie « verte ». On voit bien la supercherie, sous la couche de peinture verte, c’est toujours le capital qui exhorte à sauver (sic) à sauver la planète, avec ses industries « vertes », voitures « vertes », extension et concentration de plus en plus grande de supermarchés biologiques qui coexistent avec la centrale nucléaire de Civaux : c’est le « greenwashing ». [3]
Faire de Poitiers une ville de cadres dynamiques, entendre par là, utiles à l’agglomération. Et Poitiers est comme de nombreuses villes un cas : une ville « formant » énormément de jeunes ou moins jeunes (Université, Ecoles de commerces et d’ingénierie, formations annexes au sein du programme GRUNDVTIG, CNED, etc.) qui ont, de plus en plus recours aux nouvelles technologies de l’information et de communication (télécommunications, logiciels, informatique, Internet…etc.) contribuant donc à diffuser des savoirs et de la connaissance. Toutefois, un grand nombre de poitevins doivent quitter la région car il y a très peu de débouchés. Ainsi, c’est une manne de savoirs et de connaissances échappent à la ville. Pour y remédier, la stratégie propose de miser sur la commercialisation de ces savoirs et ces connaissances.

Luttes contre « l‘utilité » et le processus de « raréfaction des savoirs »

Il n’y a pas de hasard dans la politique globale de la ville de Poitiers entre les pôles de compétitivité axés autour d’une spécialisation dans les industries des connaissances et le Projet de Coeur d’agglo, il a y continuité, résonance même. Lisser la ville et ses habitants et ce, dès les bancs de l’école. On l’a récemment vu à chaque mouvement dans les lycées ou bien dans les universités (contre la LRU et la réforme de la « mastérisation »). Mouvements opposés (mais pas seulement) au processus de Bologne, qui sous couvert d’ouverture de « l’espace universitaire européen » applique une politique basée sur l’utilité et la  non-utilité des individus et des connaissances.
Ces luttes étudiantes ont mis en lumière le fait que le monde qui leur est destiné est celui qui fait la distinction entre la connaissance reconnue et celle non reconnue par les marchés (on pourrait aller plus loin en disant culture dominante contre culture populaire). Grosso modo, ce qui se joue c’est l’avenir d’un monde qui considère ce qui est bon ou pas à comprendre, à saisir pour ces futures générations et qui est prêt donc à raréfier des connaissances et des savoirs qui échappent de fait à une emprise totale du capital. C’est aussi une critique contre toute notion de capital humain, contre une vision utilitariste et asservissante des connaissances par les puissants, contre une éducation de marché. Contre un système scolaire qui oppose sciences humaines et sciences dures. A cet égard ça n’est pas anodin que ce soit les filières de sciences humaines qui soient en pointe des agitations universitaires. Pas anodin non plus qu’il y ait de plus en plus de lycéens ou mêmes d’étudiants dans des filières scientifiques : ce monde est forgé pour eux. Il suffit qu’un imprimeur et son fils balancent un exercice du Bac S sur un forum sur Internet pour qu’il y ait «affaire d’Etat» – des parents d’élèves paniquent, un ministre d’Etat s’explique et le Tribunal Administratif saisi. Panique tellement bourgeoise qu’elle a été sans pitié avec celles et ceux qui ont refusé de plancher pour leur BTS !
Pour eux, pas d’aménagement, ils vont plancher Monsieur !

[1]Rapport sur http://archive.wikiwix.com/cache/?url=http://ec.europa.eu/growthandjobs/pdf/kok_report_fr.pdf
[2]Quelques personnes se sont penchés sur cet aspect immatériel du capital. On peut noter quelques théoriciens -proche
du philosophe italien Antonio Negri- de la revue Multitudes, appelé cela capitalisme cognitif . http://multitudes.samizdat.
net/ )
[3] Voir article du Monde Diplomatique Aout 2011 , « Dans le laboratoire de l’écolo-bourgeoisie »