Journée nationale d’actions contre la répression et les violences policières le 19 mars 2011

Posted: février 15th, 2011 | Author: | Filed under: Poitiers, Police, Prison, Solidarité | Commentaires fermés sur Journée nationale d’actions contre la répression et les violences policières le 19 mars 2011

A l’issue du forum antirépression organisé par le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux qui s’est tenu les 13 et 14 novembre, les participants, dont les représentants de divers comités hexagonaux, ont décidé de la tenue d’une Journée nationale d’actions contre la répression et les violences policières, le 19 mars 2011.

« Face à la multiplication des intimidations, violences policières, interpellations, condamnations de toutes sortes qui dessinent un peu partout un ordre policier généralisé est sortie des discussions l’idée d’une journée de mobilisation en France contre les politiques sécuritaires en cours ou à venir.
Les participants au forum de Poitiers appellent donc tous les collectifs et les personnes luttant contre la répression à faire du samedi 19 mars 2011 une Journée nationale d’actions contre les politiques sécuritaires, au travers d’initiatives qu’ils auront décidées localement, afin de faire connaître et de développer les diverses luttes existantes en favorisant leur coordination, et de construire une mobilisation contre toutes les formes de répression.
Merci de diffuser cet appel massivement autour de vous. Pour tout renseignement, contacter antirep86@free.fr »

Il nous paraît utile de rappeler ici quelles sont les bases du Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux en publiant quelques extraits de sa plate-forme :

• « La répression actuelle n’est pas spécifiquement poitevine, mais se développe partout à l’échelle mondiale. C’est pourquoi la politique sécuritaire française doit être replacée dans le contexte européen – il s’agit d’une mise en conformité avec les normes répressives en vigueur dans la “forteresse Europe”.

• Elle correspond à une offensive généralisée des classes dominantes contre les classes populaires, pour favoriser une phase d’expansion du capitalisme et profiter de la relative faiblesse des mouvements sociaux. Le comité considère donc la “violence” pointée par les gouvernants pour exercer une répression comme devant être replacée dans le contexte d’une société aux rapports entre les classes eux-mêmes très violents : la violence est d’abord celle des rapports sociaux existants.

• (…) Le comité s’inscrit donc comme partie prenante, à sa modeste échelle, dans les tentatives faites pour inverser ce rapport de forces, dans une optique anticapitaliste ; il cherche à favoriser une dynamique sociale contribuant à une jonction entre les différentes luttes menées sur Poitiers et sa région, à partir de la répression exercée contre elles (…), car seule la création d’un rapport de forces favorable peut permettre de gagner dans une lutte, ou du moins déjà de faire reculer le pouvoir (…).

• La répression aux multiples facettes qui s’exerce aujourd’hui dans l’hexagone ne peut en aucun cas être analysée comme une “dérive” par rapport à une situation antérieure “normale”. Cela fait de nombreuses décennies que, de loi d’exception en loi d’exception, d’extension en extension de la législation répressive, les gouvernements qui se sont succédé ont accompagné, chacun à leur manière, les offensives patronales pour “restructurer l’économie” (c’est-à-dire baisser le prix de la main-d’œuvre) et prévenir les velléités de révolte susceptibles d’en découler (les différentes réformes de l’enseignement allant elles aussi dans ce sens). De même, l’action policière actuelle est à dénoncer non comme une “dérive” ponctuelle, mais comme s’inscrivant dans une logique coercitive d’envergure.

• Elle est essentiellement préventive : il s’agit de faire peur, de dissuader les jeunes mais aussi plus largement tous les salariés, les chômeurs, etc., de se politiser et d’agir. On assiste à une remise en cause de plus en plus évidente de la liberté d’opinion – le délit d’opinion venant s’ajouter à tous les moyens d’action aujourd’hui laissés à la libre disposition des forces de l’ordre. D’une part, la police anticipe, sans attendre qu’un quelconque fait ait justifié son intervention, en s’en prenant avec de moins en moins de retenue aux personnes qui, par leurs idées ou leur style de vie, refusent l’ordre établi. D’autre part, le pouvoir prépare sans cesse de nouveaux dispositifs législatifs visant à empêcher toute occupation du terrain politique par des mouvements contestataires radicaux. C’est pourquoi le comité estime avoir un rôle de solidarité mais aussi de politisation à jouer, en ce qu’il peut par ses interventions susciter des débats et aider à une réflexion dépassant le cadre de l’antirépression au sens strict.

La structure du comité

Le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux est composé d’individus et soutenu par les associations, les partis ou les syndicats qui le désirent. Cette structuration basiste est fondamentale car si le comité devenait un jour un enjeu pour certaines structures organisationnelles, quelles qu’elles soient, et finissait par n’être plus qu’un cartel d’organisations il serait dévoyé de son objectif originel et perdrait toute efficacité et dynamique. (…) Mais nous gardons à l’esprit que des préoccupations électorales aussi bien que la position d’opposants à un pouvoir de droite peuvent jouer dans le relatif “succès” du comité aujourd’hui – succès dont nous nous réjouissons. Quoi qu’il en soit, la démarche du comité n’est pas d’aller à la pêche aux signatures, et, de même, il n’amendera pas les principes de base qu’il défend pour en obtenir davantage.

Ses positionnements de base

• Le comité défend tous les acteurs et actrices des mouvements sociaux contre la répression menée à leur encontre, sans opérer de tri entre les “bons” et les “mauvais” en fonction de leur culpabilité ou de leur innocence supposée. Ce positionnement ne signifie pas l’absence de critiques à l’égard des actions menées, et moins encore une adhésion obligatoire ou obligée à elles ; en revanche, le comité manifeste sa solidarité envers toutes et tous face à la répression ; nous les soutenons contre ce que l’appareil d’Etat leur fait, pas pour ce qu’ils et elles ont ou n’ont pas fait.

• Le comité dénonce les manœuvres du pouvoir visant à criminaliser tour à tour des fractions de la population – les jeunes, les libertaires, les marginaux… – en les étiquetant aujourd’hui “extrémistes”, “anarchistes” ou “anarcho-autonomes”, et demain autrement ; et il n’aura de cesse de rappeler que les politiques répressives, une fois installées par un pouvoir quel qu’il soit, peuvent s’exercer contre n’importe qui. »


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