Les mains sales de Vinci

Posted: février 14th, 2011 | Author: | Filed under: Poitiers, Université | No Comments »

Le groupe Vinci Construction est le leader mondial de construction et des services associés. Il est en charge de différents projets internationaux.

En Russie, Vinci est l’un des participants au projet de construction d’une autoroute privée qui doit relier Saint-Petersbourg à Moscou, détruisant l’écosystème de la forêt de Khimki. Pour briser la résistance des écologistes et d’autres activistes contre l’abattage de la forêt et disperser l’éco-camp qui s’était établi sur le site de l’exploitation forestière illégale, les entreprises constructrices ont fait appel à des milices néonazies, chargées sous l’œil bienveillant de la police complice de « faire la peau » aux opposants. Pendant que les milices tabassaient ces opposants au projet, la police a arrêté plusieurs militants – dont Alexey Gaskarov et Maxim Solopov, militants antifascistes, qui risquent sept ans de prison pour leur engagement politique.

Au Niger, l’action de Vinci en complicité avec l’Etat français est plus que flou : de l’exploitation des travailleurs nigériens aux complots visant à perpétuer le monopole des sociétés françaises sur ce territoire, et à maintenir l’occupation militaire française sur place, en passant par le pillage organisé de l’Afrique, Vinci, Areva et autres avancent masqués en Françafrique.

Plus près de nos contrées, Vinci a été retenue pour construire l’aéroport de Notre-Dame des Landes, destiné à accueillir des Concorde qui ne volent plus depuis des années.
Vinci construira et gérera, en partenariat avec la SNCF et RFF, la LGV Bordeaux-Paris, construira le futur viaduc qui passera au-dessus de la gare à Poitiers. Comme quoi, la fac mène à tous les débouchés : Vinci s’intéresse de très près à l’enseignement supérieur, ce qui constitue sûrement la meilleure des réponses à ceux qui prétendent que l’enseignement n’apporte aucune richesse (bien que les richesses que nous voulons tirer de l’éducation ne soient pas de cet ordre). En effet, à Poitiers, depuis 2009, le groupe s’investit dans la « Fondation Poitiers Université » aux côtés de 24 autres « partenaires » (entreprises privées, des collectivités territoriales, des particuliers et des organisations professionnelles). L’objectif est de « renforcer les liens avec le monde socio-économique », en intervenant autours de 5 thèmes : le rayonnement international, les compétences (adéquation formation-emploi), l’innovation, le soutien à l’étudiant, le développement durable (cf le superbe site internet de la fondation1).
Aussi, le ministère et l’université Paris Diderot-Paris 7 ont choisi de construire plusieurs bâtiments en ayant recours à un partenariat public privé (PPP). Pour faire simple, l’Etat désigne un « propriétaire » privé qui construit le bâtiment et le loue à l’université pendant une période de trente ans, au lieu de faire construire lui-même les bâtiments. Une fois cette période écoulée, l’université deviendra propriétaire. Le contrat final tourne autour de 273 millions d’euros pour la construction de deux bâtiments, et le projet de Vinci n’était ni celui qui correspondait le mieux aux projets de l’université ni le moins cher. Depuis, le projet a du plomb dans l’aile. Des problèmes de sécurité ont été constatés2, les permis de construire ont eu du mal à être obtenus (après avoir été refusés dans un premier temps, des recours ont été déposés, qui ont bloqué le processus). Enfin, Vinci a fini par virer l’architecte, qui contestait le projet (notamment sur la sécurité de telles constructions).
En termes de sécurité, on peut toujours faire confiance à Vinci : la multinationale a construit le terminal E de l’aéroport de Roissy, qui s’est effondré en faisant quatre morts, en 2004.

Voilà les personnes qui sont en charge désormais de l’Université, voilà ce que la privatisation apporte à l’Université.

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1. http://fondation.univ-poitiers.fr
2. Le Canard enchaîné du 14 avril 2010, « Vinci veut construire une fac aux planchers branlants ».



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