The Patrouilleurs, police partout…

Posted: janvier 17th, 2012 | Author: | Filed under: contrôle, répression, prison, Police | No Comments »

Ça n’aura échappé à personne, surtout pas aux habitants de Poitiers, Mantes, Nice et Strasbourg : leur ville a fait la une de l’actu avec l’« entrée en action », le 9 mai, des « patrouilleurs » annoncés par le ministre de l’Intérieur Guéant, qui avait annoncé la création de ces unités de police en avril. Pas de temps à perdre, donc : « Il faut lutter contre la délinquance, la criminalité, les faire reculer et créer un climat, une ambiance de sécurité », d’après ses termes. Apparemment, le flot de lois et mesures liberticides diverses de ces dernières années ne leur suffit pas (en faire la liste ici serait superflu). En fait, ça devient un rituel, dès qu’un nouveau larron arrive au ministère de l’Intérieur, il faut qu’il crée son unité spéciale. En réalité, cette pratique existe dans les autres ministères aussi : si un ministre ne sort pas une loi à son nom, il tombe dans l’oubli. Et l’oubli, en « politique », c’est la mort. Pour montrer qu’on est passé au ministère de l’Intérieur, qu’on a servi la France, il faut créer son escadron.
En 2008, Alliot-Marie crée les UTEQ (unités territoriales de quartier) avec leur caractère de proximité comme argument. Le 17 août 2010, Hortefeux sonne le glas des UTEQ. Place désormais aux brigades spécialisées de terrain (BST). Un nom qui claque, fini la plaisanterie. En réalité, ce n’est jamais qu’un coup de com’ de plus, peu après les émeutes à La Villeneuve, à Grenoble. Aujourd’hui, place aux « patrouilleurs » – l’ordre version Guéant. Effet d’annonce une fois de plus. Différence avec la flicaille traditionnelle ? Aucune. Leur mission ? « Observer et écouter, se renseigner, interpeller. »
Mais pourquoi avoir choisi Poitiers ? A vrai dire, la question n’est pas abordée. Mais quand on la pose, la réponse paraît tellement vide de sens que l’on peut juste en conclure que les vraies raisons nous dépassent tous. C’est vrai qu’avec Cœur d’Agglo Poitiers se refait une « beauté ». Une bonne occasion de donner à la ville une actu nationale pour en faire la promotion. La jonction entre urbanisme et police s’opère davantage encore du fait de la répartition par quartiers des effectifs. L’organisation de ces « patrouilleurs » est divisée en deux : « patrouilleurs de circonscription » et « patrouilleurs de secteur ». L’idée est de placer ces patrouilleurs de secteur de préférence sur tel ou tel quartier.
Mais, quelle soit à Poitiers ou ailleurs, la police reste la même. Elle matraque, parfois à mort. La vraie question à se poser concerne le rôle de la police – y compris celle de proximité, vantée par la gauche et que l’actuel gouvernement se défend de faire renaître.
Pourquoi une police de proximité ? Pour notre cher ennemi Papineau, parce qu’il faut « OPTIMISER la visibilité de la police [1]. » La police doit être partout, comme si on ne voyait déjà pas assez de bleus dans les rues de Poitiers (et d’ailleurs). Mais le gouvernement le répète sans cesse, il ne s’agit pas d’une « police de proximité ». Soit, mais même si les patrouilleurs étaient une police de proximité, on n’en voudrait pas non plus. La police de proximité est une police comme les autres. Les flics de proximité sont des rabatteurs d’information ; celles et ceux qui leur répondent rien de plus que des balances en puissance. Voilà comment les choses se passent : aller au contact de la population le jour pour recueillir des informations, pour que la BAC et autres brigades de choc puissent intervenir plus facilement la nuit ; et Papineau d’affirmer : « Dans ce dispositif [les patrouilleurs], l’investigation et la répression ne sont pas délaissées au profit de la prevention [2]. » Une bonne nouvelle pour Papineau donc…

[1] http://www.marianne2.fr/Patrouilleurs-Gueant-sort-des-flics-de-son-chapeau_a205835.html
[2] Cf le torchon gratuit de Poitiers, même bah bon pour allumer votre cheminée hivernale : « 7 à Poitiers » du 11 mai 2011



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