Chroniques de la guerre sociale

Posted: décembre 11th, 2012 | Author: | Filed under: Alentours, Inclassables, mouvement social, grèves, actions, manifs, Poitiers | No Comments »

Préavis de grève chez Vitalis pour le jour de la rentrée scolaire*

Chez Vitalis, une grève unitaire se profile pour le jour de la rentrée scolaire, un choix stratégique qui semble démontrer un profond malaise. C’est le syndicat « Solidaires transport Vitalis » qui, le premier, a annoncé hier le préavis de grève de 55 minutes prévu pour le mardi 4 septembre, de 7 h 45 à 8 h 40. Reconductible, ce mouvement répond à quatre revendications : le climat social, les conditions de travail dans tous les services (conducteurs, administratifs, atelier), les salaires et les accords pour les plus de 55 ans. Une demande de rendez-vous avec Alain Claeys, président de Vitalis, a par ailleurs été envoyée hier puisque le syndicat souhaite traiter avec les élus la problématique qu’il juge principale à savoir le climat social. « Solidaires transport Vitalis » va même jusqu’à demander « que le contrat du directeur ne soit pas renouvelé ».

Il mord un contrôleur : prison avec sursis*

Le 18 juillet dernier, les contrôleurs de Vitalis sont dans le bus. Ils repèrent Juan, 32 ans, dont le titre de transport est périmé depuis vingt minutes. Le contrôle dans le bus se passe sans encombre jusqu’à ce que le passager se rapproche de la sortie.
Les contrôleurs suspectent un projet de sortie de force à l’arrêt suivant. Ils bloquent les issues de l’autobus. Juan s’énerve  : un contrôleur est mordu sévèrement à l’épaule. Un autre prend deux coups de poing. L’agresseur s’enfuit avant de se faire interpeller quelques minutes plus tard.
Vendredi, devant les juges, le prévenu n’a pas contesté avoir mordu l’un des deux contrôleurs. Les coups de poing étaient, selon lui, des gifles. Le tribunal l’a condamné à quatre mois de prison avec sursis. Il doit régler 400 € de préjudice moral à chaque contrôleur et 1.000 € de préjudice commercial pour Vitalis.

*Tirées telles quelles de la presse quotidienne régionale

En attendant de pendre ton patron, siphonne-le!

Un chauffeur-routier s’est fait gauler par la maréchaussée avec sept bidons de 20 litres, en train de siphonner un camion de 38t qui appartient à la boite de son patron. En GAV (garde-à-vue) il a dit aux flics qu’il a, pendant trois mois, siphonné plus de 4.000 litres…. Sissi !

Quelques chiffres

D’après le greffe du commerce de Poitiers, il y a eu 115 faillites de boites entre janvier et aout 2012 dont 60% en liquidation judiciaire. Ce qui fait toujours moins que l’an passé à la même période où ce furent 216 boites qui ont mis les clés sous la porte…

Epée de Damoclès au Futuroscope

2012, les emplois dans les centres d’appels situés sur le site de la technopole du Futuroscope dans le Nord de la Vienne sont en baisse et pour cause la délocalisation est en cours dans des pays francophones tels que le Maroc ou le Sénégal car le coût du travail y est très bas. Malgré les différentes mobilisations de ces derniers temps, les conditions de travail ne se sont pas améliorées et les salaires sont toujours peu élevés, d’où un turnover important. De plus, nombre de CDD et d’intérims ne sont pas renouvelés, ce qui prévoit une année assez obscure pour le début d’année 2013 où les régions de Rouen, de Caen et de Poitiers vont être durement touchées.

Centres d’appels vs. prolétaires

« On a affaire à la plus grande fraude au code du travail, 1.877 salariés sont concernés. La société SFR a violé ses engagements ». C’est par cette phrase que l’avocat illustre ce qui se joue en ce jour  de juillet 2012 aux prud’hommes de Poitiers. Des ex-salariés du site de Chasseneuil-du-Poitou (Technopole du Futuroscope) ont attaqué leurs boites (SFR et  Aquitel) car elles se sont entendues afin de transférer  ces mêmes salariés à Teleperformance, basée sur Toulouse pour que les salariés evitent de jouir de leurs droits dans le cadre de licenciements économiques et les forcer à des départs volontaires. La justice n’a pas encore tranché, verdict en mars 2013.

Hopital du Blanc : la mobilisation continue

La mobilisation est toujours aussi forte au Blanc (Indre) afin de sauver les services de maternité et de chirurgie. Le comité de défense du centre hospitalier, très soutenu par des élus locaux, est en négociation avec l’ARS (agence régionale de santé) et la ministre de la Santé Marisol Touraine pour établir des réunions de travail pour le maintien de ces services. Affaire à suivre…

Culasse, hélas, prélasse

Avril 2012, les fondeurs du Poitou-Alu à Ingrandes (Vienne) apprenne qu’il ont un nouveau repreneur : Saint-Jean Industries. Ce qui est une bonne nouvelle en matière de maintien de l’emploi et pour la sauvegarde du niveau de salaires (le plan patronal prévoyait une baisse de 25%…). Mais dans le même moment, la masse salariale a baissé, c’est à dire que les effectifs ont baissé (de 600 à 400 environ) : en effet, la boite a favorisé le départ des hauts salaires (dûs à la qualification et à l’ancienneté) et des départs volontaires. La riposte patronale à une grève ouvrière de plus de deux mois : la lutte des classes continue.

Copper Brothers

En octobre dernier, une bande de trois frères passait en procès. Elle est accusée d’avoir récupéré le cuivre sur les poteaux électriques des lignes de chemins de fer des départements des Deux-Sèvres, Haute-Vienne, et de la Vienne. Plus de 240 km de lignes furent dépouillés ce qui revient à peut près à 10t de cuivre. 40.000 euros de bénefs à la revente. La SNCF, qui a porté plainte, demande près de 60.000 euros..

Sournoiserie patronale à Chiré-en-Montreuil (Vienne)

Un débrayage de deux heures a eu lieu à l’usine (650 personnes) de fabrication de volants et d’airbags Autoliv-Isoldeta (groupe suédois) en réaction à la délocalisation de machines, plus précisément de presses à injection métal, vers des pays tiers (Tunisie, Turquie ou bien Roumanie). Les salariés y voient une tentative de dégraisser les effectifs de manière méthodique, comme ce fut le cas pour les intérimaires lors du plan de 2008.

Quand la prison de Vivonne menace de faire couler une PME

À Roullet-Saint-Estèphe, dans le département de la Charente, M. Larcour possède une entreprise (T2M Services) spécialisée dans le conditionnement à façon. Pour que son entreprise tourne bien, il lui faut des « petites mains » d’où une forte féminisation dans ses ateliers. Or, ces travaux manuels peuvent aussi être effectués à moindre coup par les taulards dans la région. Et oui, car manque de pot pour lui, son entreprise est typique dans les standards des travaux d’insertion pour prisonniers, elle est en concurrence avec Gepsa, filiale de Cofely et du Groupe GDF Suez qui s’occupe du taf à la prison de Vivonne. Du coup, il a vu quelques projets et marchés lucratifs lui passer sous le nez : le coût de la main d’œuvre carcérale défiant toute concurrence avec 4,10 euros de l’heure, 45% du smic… Il va continuer de se mordre les doigts, le petit capitaliste…

« Marginaux » en ligne de mire

Cela fait depuis bientôt un an que la mairie de Poitiers, la Police et les commerçants veulent se débarrasser des mal-logés, des punks-à-chiens, ou autres zonards du centre-ville : nouvelle image à assumer avec la mise en place de Cœur-d’agglo. Contrôles d’identité intempestifs, harcèlements, insultes, placements direct des chiens à la SPA, PV à la pelle pour ivresse sur la voie publique. Mais faut croire que ça ne suffit pas. Alors afin de mener à bien cette opération de nettoyage, Mairie, Police et commerçants se concertent et organisent des réunions afin d’y remédier…

Aubade blues administratif

En mars dernier, le tribunal administratif a annulé les licenciements de 8 ex-salariées de l’usine Aubade de Saint-Savin (Vienne). Il a pris a contre-pied la décision des prud’hommes qui avait avalisé les licenciements, estimant que le groupe suisse Calida, propriétaire d’Aubade, avait largement les moyens économiques et financiers pour garder les emplois.

Rebelote à [Arféo]-Buroform?

Après des menaces de licenciements  courant 2010, l’usine Buroform avait trouvé un repreneur au printemps 2011 : le groupe Arféo. Début octobre 2012, 80% des 107 salariés de l’usine de fabrique de mobiliers bureautiques installée à Valdivienne (plus précisément à Morthemer) avaient débrayé pendant une petite heure en solidarité avec les collègues de Mayenne qui sont menacés de cessation de paiement. Cette menace est devenue une réalité maintenant vu que les deux sociétés du Maine-et-Loire et de Mayenne sont en redressement judiciaire. Du  coup, les salariés de Valdivienne ont la peur au ventre, seront-ils les prochains ?

Misère de l’amiante

Un bien “macabre” procès au Palais de Justice de Poitiers eu lieu contre 22 des quelques 900 anciens salariés des ACRP (Ateliers et Chantiers navals de La Rochelle-Pallice) en Charente-Maritime. La justice leur réclame les indemnités (8.000 euros) qu’ils avaient reçu du conseil des prud’hommes comme préjudice à cause de l’amiante. Rappelons qu’il y a déjà eu 37 décès chez les anciens ouvriers des chantiers et 32 sont en maladie professionnelle… En réaction, les salariés ont décidé de réclamer près de 10.000 euros à la Cour. En fin de compte, le 24 octobre dernier, la justice a décidé qu’ils ne gagneraient pas de thunes en plus, mais qu’ils garderaient leurs indemnités tout de même. Bonne nouvelle…

Lutte des prisonniers basques de Vivonne

Une manifestation de soutien aux prisonniers politiques basques de l’ETA a été organisée par le mouvement Herrira devant la prison de Vivonne, qui en compte quatre : deux femmes et deux hommes. Herrira demande une amélioration des conditions de prisonniers et le rapprochement au pays. De plus, on a appris que la militante de l’ETA Saioa Sanchez Iturregui soupçonnée d’être impliquée dans l’assassinat des deux gardes civils à Capbreton en 2007, sera jugée par une cour spéciale en avril 2013 prochain à Paris. Ensuite, elle sera remise à la justice espagnole…

La nostalgie, camarade

Le 20 octobre une soixantaine de militants du Bloc Identitaire (groupe d’extrême droite) a occupé pendant quelques heures le chantier de la future grande mosquée de la ville de Poitiers. Tintamarre médiatique assuré, joli coup d’éclat spectaculaire. Notons par ailleurs l’hypocrisie des médias feignant étonnement et stupeur alors même que l’action des identitaires était connue et suivie par ces mêmes médias (présence des cameras de BFM TV).Tollé général, du préfet Yves Dassonville jusqu’aux représentants des cultes. En réaction une coordination de « front unitaire antifasciste » de jeunes militants de gauche et d’extrême gauche (des jeunes socialistes aux syndicalistes de la CNT) ont organisé une manifestation, dans le quartier populaire des Courronneries, qui a réuni près de 300 personnes.On notera par ailleurs la réflexion des journalistes de la Nouvelle République, des politiques locaux et des services de renseignements qui satisfaits d’apprendre qu’il y a très peu de poitevins au sein du Bloc identitaire, ont fait un parallèle de l’action des identitaires à celle de la manifestation anti-carcérale du 10 octobre 2009. Bref, cibler la mosquée de Poitiers n’était pas anodin : il s’agissait d’abord de ressouder un groupe politique en proie à des divisions internes. Ensuite, il s’agissait de faire peur à la population, de distiller un discours raciste en divisant les prolétaires et de trouver des boucs-émissaires à la crise capitaliste : ici ce sont les musulmans, mais parfois c’est les bénéficiaires des minimas sociaux , les banlieusards, les chômeurs, des travailleurs qui luttent, les Rroms… De plus, il y a la nostalgie historiciste : célébrer la victoire de Charles Martel sur les troupes d’Abd er-Rahman en 732. Nous n’allons pas rentrer dans de grandes considérations historiques, mais ces identitaires devraient faire un peu d’histoire : Charles Martel, malheureusement pour eux, n’était pas un fervent patriote (guerre contre Eudes, le Duc d’Aquitaine) et encore moins un défenseur de l’occident chrétien mais bel et bien un chef militaire assoiffé de pouvoir et obsédé d’installer sa lignée future en puissance : la dynastie carolingienne.